Aikido Biographie Japon — 06 octobre 2013

OSensei_30_ansPlus que tout art martial, l’Aïkido est l’image de la pensée de son fondateur. C’est pourquoi il est difficile de saisir son caractère unique sans comprendre qui était Morihei Ueshiba. Il avait le don de marier l’efficacité des techniques martiales à une profonde spiritualité. O Senseï insistait sur le fait que l’Aïkido est l’étude de l’esprit. Pour lui les techniques sont les véhicules utilisés pour exprimer les principes spirituels de l’Aïkido. Toute sa vie ne fut qu’une longue quête spirituelle, il se pencha sur les textes sacrés, médita et se plongea constamment dans la prière, forgea son corps sans relâche. L’Aïkido fut pour lui la voie de tous les aboutissements.

 

La jeunesse du fondateur

Morihei Ueshiba est né le 14 décembre 1883 à Tanabe, dans la préfecture de Wakayama. Tanabe est située aux pieds des monts Kumano. Ces montagnes sont la « terre sainte » des japonais, lieu sacré où les dieux shintos sont descendus sur terre. Ce détail, le grand nombre de sanctuaires et la foule constante des pèlerins auront un impact direct sur la psychologie de Morihei. En effet, la spiritualité et la religion vont accompagner ses pas tout au long de sa vie.

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(image : Temple et cascade des monts Kumano)

Il est le quatrième enfant et le fils aîné de Yoroku Ueshiba, un fermier aisé et respecté qui siégea 20 ans au conseil du village. Sa mère Yuki Itokawa venait d’une famille de propriétaires terriens d’ascendance noble. Vers l’âge de 7 ans, le petit Morihei est envoyé à Jizodera, un temple bouddhiste proche de la secte Shingon, pour y étudier les textes confucianistes et les écrits bouddhiques. Il se passionne rapidement pour ces récits merveilleux. Né prématurément, Morihei est un enfant de faible constitution, souvent malade. Du coup son père l’encourage à étudier parallèlement le sumo et la natation. Tanabe étant une petite ville de bord de mer, il peut sans difficulté s’adonner à la natation. Après une scolarité sans encombre, il termine ses études à l’institut Abacus de Yoshida. Peu de temps après il trouve un travail à l’office des impôts de Tanabe au service des revenus fonciers. Mais ce travail ne le passionne pas. En 1902 il rejoint un mouvement de protestation populaire contre la législation sur la pêche, puis il finit par démissionner de l’administration. Durant cette période Morihei s’entraîne à Sakai, au dojo de Masakatsu Nakai (un descendant de la famille Yagyû), ou il étudie l’école Goto du Yagyû-ryu jujutsu, une technique de combat ancienne et réputée. Le fondateur confia plus tard que nombre de mouvements de mains ou de déplacements de pieds utilisés en Aïkido sont les vestiges de ses études de cette école.

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(image : O Sensei dans les monts Kumano)

Pour subvenir à ses besoins, il décide de se lancer dans les affaires en partant pour Tokyo. Là-bas il ouvre son propre magasin : les Etablissements Ueshiba, une librairie et papeterie scolaire. Lors de son séjour à Tokyo il débute l’étude du « Tengin Shinyo-ryu » jujutsu, dirigé par Tokusaburo Tojawa Sensei, ainsi le Kenjutsu de l’école « Shinkage ». Malheureusement pour lui, une terrible crise de béribéri le terrasse la même année. Il est contraint de revenir à Tanabe pour recouvrer la santé. Peu après son retour il épouse Hatsu Itokawa qu’il connait depuis son enfance.

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(Ueshiba après son mariage avec Hatsu Itokawa)

 

L’engagement dans l’armée

OSensei-caporal-1903La puissance militaire du Japon est alors en pleine croissance, après la victoire sur la Corée et la Chine. La nation accepte sans broncher cette militarisation, grâce à une propagande et aux bons résultats sur les théâtres d’opérations. En 1903, Morihei comme des milliers de jeunes enthousiastes, réussit à s’engager dans un régiment d’infanterie, et ce malgré sa petite taille (1,55m). Il est incorporé dans l’armée au 37ème régiment de la quatrième division d’Osaka. Il se distingue par son habilité à la baïonnette (Juken jutsu), par sa rapidité à se déplacer et son entrainement acharné. Par contre, il est regardé d’un drôle d’air car il refuse systématiquement sa visite aux maisons de tolérance. (photo : le caporal Ueshiba, entre 1903 et 1906)

L’année suivante la guerre éclate avec la Russie, il est envoyé en Mandchourie avec le grade de caporal, et en reviendra avec le grade de sergent. A son retour il est stationné  à Hamdera. Il peut ainsi reprendre ses études auprès de Maître Nakaï pendant son temps libre et obtenir le diplôme de la Yagyu Ryu en Juillet 1908 pour son excellence au ken, au yari (lance) et le jô. Ce passage à l’armée lui laisse un goût amer et le plonge dans de grandes réflexions, sans pouvoir organiser sa pensée pour le moment. Il dira : « J’aimais être dans l’armée mais je ressentais intuitivement que la guerre n’était pas une solution au conflit. La guerre s’accompagne toujours de mort et de destruction et ne peut en aucun cas être une bonne chose ». Cette attitude est une exception à l’époque, surtout après la victoire du Japon contre une puissance occidentale.

 

Kumagusu Minakata, le lettré indépendant

Minakata-KumagusuKumagusu est un lettré connu pour avoir recopié une encyclopédie en cinq volumes pendant cinq ans, alors qu’il n’est qu’adolescent. Passionné d’insectes, de plantes, de nature et de jujutsu. Il part faire des études aux USA (en Floride), puis voyage aux Antilles, en Amérique latine et du sud, en Italie et à Londres. En rentrant au Japon il parle parfaitement l’anglais, le français, l’italien, le portugais, le grec, le latin, le chinois, l’arabe et le perse. Dans ses discours il parle de l’interrelation des peuples, de la responsabilité de l’homme vis-à-vis de la nature,de la lutte contre la pollution des rivières et de la pêche qui selon lui épuisera la mer dans le futur, il plaide pour de meilleures conditions sociales et professionelles pour les ouvriers dans le textile. Morihei séduit par l’intelligence hors norme de cet homme, devient son garde du corps dans les mouvements sociaux. Il apporte à Morihei de grandes idées, la soif de la connaissance des hommes de tous les bords et tous les pays. Il lui enseigne surtout le refus de l’injustice et l’amour de la nature.

 

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(Minakata à droite)

L’établissement à Hokkaido

village-hokkaidoLibéré de l’armée en 1907, il retourne à Tanabe pour travailler dans la ferme familiale. Durant les trois années qui suivent son retour,il se plonge dans toutes sortes d’activités. Il s’essaye même au judo pendant quelque temps lorsque son père fait venir pour la jeunesse locale un jeune instructeur 3e Dan du Kodokan (dojo central du judo à Tokyo) : Kiyochi Tokagi (qui deviendra plus tard 9ème Dan). Cependant, Morihei ne souhaite pas se fixer définitivement à Tanabe. En 1911, alors que sa fille aînée Matsuko vient de naître, il s’intéresse à une nouvelle aventure. A cette époque, le gouvernement japonais offre des aides pour encourager le peuplement de l’île sous-développée de Hokkaido.

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(Ueshiba en chef de village)

Séduit par cette nouvelle perspective, Morihei organise le déplacement de cinquante-quatre familles dans cette île en mars 1912. Finalement au mois de mai, le groupe s’installe dans une partie reculée du nord de l’île qui allait devenir le village de Shirataki. Cet endroit est encore sauvage lorsqu’ils arrivent et les pionniers doivent lutter contre des conditions atmosphériques difficiles. Le quotidien des colons à Shirataki est spartiate. Il est principalement consacré aux travaux agricoles et forestiers. Morihei se démène pour assurer le succès de la colonie. Il sert de guide à ses compatriotes de Tanabe, aide de nouvelles familles à s’établir et participe même un temps à la vie politique locale en tant que conseiller territorial. C’est à cette époque que lors des travaux de déforestation, il prend l’habitude d’arracher des souches à la force de ses bras.

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(Ueshiba dans les champs en Hokkaido)

 

Sokaku Takeda, le dernier guerrier

Takeda-Sokaku-portraitEn Février 1915 il fait la connaissance de Sokaku Takeda, le célèbre maître de Daïto-ryu, dans une auberge de Engaru où il est lui-même de passage. Bien que Morihei Ueshiba, alors âgé de 32 ans, soit déjà très compétent en arts martiaux, il n’a clairement pas le niveau de Sokaku Takeda, alors dans la force de l’âge. Séduit par la technique terriblement efficace de Sokaku, il s’entraîne intensément avec lui. Il consacre alors beaucoup de temps et d’argent à l’apprentissage du Daïto-ryu jujutsu et invite même Sokaku à vivre chez lui afin de pouvoir bénéficier de cours particuliers. Morihei devient rapidement l’un des meilleurs élèves de Sokaku et il l’accompagne parfois lorsqu’il voyage pour enseigner dans divers endroits de l’île. Durant son séjour à Hokkaïdo, Morihei reçoit un diplôme d’instruction du premier degré du Daïto-ryu. L’enseignement du Daïto-ryu qui lui est transmis comprend plusieurs centaines de techniques sophistiquées, composées entre autres de clés et d’immobilisations. Takeda a développé un talent particulier appelé « aïki », grâce auquel il peut contrôler l’esprit d’un adversaire et neutraliser ainsi son agression. Il est également expert au maniement des armes telles que le sabre, le shuriken (arme de jet) ou l’éventail en acier (tessen). Les techniques de jujutsu de Maître Takeda vont devenir la base de presque tous les mouvements d’Aïkido, et leurs influences sur l’art martial que va créer Morihei est évidente.

 

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(Takeda Sokaku jeune, portrait officiel)

A cette époque, Sokaku vit encore comme au temps des samouraïs, et ne se sépare jamais d’une arme, conservant son tanto avec la lame nue jusque dans son bain. Issu du terrible clan Aizu, qui était le dernier à s’être rendu face aux troupes de l’empereur lors de la défense de la caste des samouraïs, il avait tué de nombreuses personnes. Par conséquent, nombreux étaient ses ennemis qui voulaient accomplir des vengeances. En cas de défi pendant son séjour en Hokkaido, il envoie Morihei à sa place pour combattre. Mais à la différence de son Maître, Ueshiba ne tue jamais ses adversaires. Sokaku ne savait ni lire ni écrire et seuls les arts de la guerre étaient importants à ses yeux.

1917 voit la naissance de son fils aîné Takamori. A la mi-novembre 1919, Morihei a la douleur d’apprendre que son père est gravement malade. Il doit rentrer à Tanabe. Il abandonne Hokkaido, mettant ainsi fin à une aventure de huit années. Il abandonne sa modeste demeure de Shirataki, ainsi que ses meubles, à Sokaku Takeda. Il part pour ne jamais revenir sur l’île d’Hokkaido.

 

La rencontre avec Onisaburo Deguchi

Onisaburo_Deguchi_et_OSenseiPendant son voyage, Morihei apprend que Onisaburo Deguchi, maître spirituel d’une secte en pleine expansion (Ômoto-kyô), et célèbre pour son chinkon kishin (ascèse mentale qui doit conduire à la sérénité et rapprocher du divin), se trouve près de Ayabe. Il se sent le besoin d’aller le voir pour lui demander de prier pour son père. Dès son arrivée à la gare d’Ayabe, Morihei sent dans l’air une énergie nouvelle pour lui. Partout des gens, avec les cheveux longs et d’amples jupes, s’affairaient à « réformer le monde et à créer le paradis sur terre ». Attiré par le Pavillon du Dragon, il s’assoit et prie pour son père. Une voix qui sort de l’ombre lui demande ce qu’il voit. Il répond « mon père, vieux et fatigué ». « Laissez-le partir » Et Onisaburo Deguchi apparaît.

 

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(Onisaburo Deguchi et Morihei Ueshiba à Tanabe, avec les membres de l’Omoto-kyo)

Séduit par le personnage, il reste à ses côtés jusqu’au 28 décembre. Les mots de Deguchi Senseï faisaient toujours sur lui une impression profonde. Yoruku Ueshiba décède le 2 janvier 1920 à l’âge de 76 ans. Sa mort est un coup très rude pour Morihei, d’autant que les derniers mots du père à son fils sont « Ne te laisse pas arrêter par quoi que ce soit. Vis comme tu le souhaites ». Il connait alors une période de confusion intérieure et d’instabilité émotionnelle, oscillant entre tristesse et hyperactivité, s’entraînant sans cesse au sabre dans la montagne. A la recherche d’une vie plus spirituelle il décide de rejoindre Onisaburo Deguchi à Ayabe avec toute sa famille. Commence alors une nouvelle vie parmi les adeptes de cette secte où il reste pendant huit années. Durant tout ce temps il a la confiance du Maître et participe à de nombreux exercices et pratiques spirituelles.

Très vite, avec l’assentiment de Maître Deguchi, il transforme une partie de son habitation en dojo et ouvre « l’Académie Ueshiba » où il enseigne le Daïto-ryu jujutsu aux adeptes de l’Ômoto-kyô. Sa première année à Ayabe est à nouveau marquée par une tragédie personnelle : il perd ses deux fils de maladies infantiles : Takemori (trois ans) meurt au mois d’août, et son second fils Kuniharu (un an) en septembre.

Peu à peu, le nombre d’adeptes de Ômoto-kyô qui viennent s’entraîner augmente régulièrement, et l’Académie Ueshiba est bientôt reconnue et réputée. Mais le 11 février 1921, les autorités décident de supprimer la secte et plusieurs de ses membres, dont Onisaburo Deguchi, sont arrêtés. Heureusement cet incident n’eut pas de répercussion sur l’Académie Ueshiba.

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(Morihei Ueshiba à cette époque)

En 1921, la naissance de son troisième garçon, Kisshomaru, revient mettre de l’espoir dans le cœur des parents. Pendant cette période, il reçoit à plusieurs reprises Sokaku Takeda, qui lui délivre un nouveau diplôme d’enseignement. Pendant les deux années qui suivent, Morihei tente d’aider Onisaburo, qui a été remis en liberté sous caution, à reconstruire l’Ômoto-kyô. Tout en continuant d’enseigner à l’académie, il prend en charge d’exploiter neuf cent tsubo de terres. De cette façon, il trouve enfin la cohérence qu’il recherchait. Il a toujours été persuadé de l’intimité profonde entre les arts martiaux et le travail de la terre. A partir de cette période, sa pratique devient plus spirituelle et il se plonge de plus en plus dans l’étude du kotodama (le langage de l’esprit, qui est un art du son). Il s’éloigne des traditions du Yagyû-ryu et du Daïto-ryu, pour développer une approche plus personnelle. Et en 1922 il nomme son art Ueshiba-ryu Aiki-bujutsu.

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(Ueshiba exécutant ganseki ottoshi)

L’aventure en Mongolie

En février 1924, accompagné par un petit groupe de proches dont Morihei Ueshiba, Onisaburo Deguchi part instaurer un état religieux en Mongolie. Il espère créer là-bas un paradis terrestre. Malheureusement en ce temps-là, la Chine est déchirée par d’incessantes guerres intestines et à leur arrivée à la frontière sino-mongole, ils sont arrêtés par un seigneur chinois et condamnés à être exécutés. Leur aventure ne dure donc que cinq mois et ils doivent leur salut à l’intervention in-extremis d’un membre du consulat japonais qui réussit à obtenir leur libération et s’occupe de leur retour au Japon. Cette aventure en Mongolie est cruciale dans l’expérience de Morihei. En effet, les politiciens, les chinois, les mongols, les japonais, tous manipulaient l’Omoto-Kyo. Pendant leur périple, Morihei doit à plusieurs reprises se battre contre des bandits au sabre ou au corps à corps. Après leur arrestation, il subit les humiliations des prisonniers, et une lourde chaîne aux pieds qui lui blesse les jambes jusqu’au sang. Le dernier jour, partant pour leur exécution, un message de dernier moment vient les secourir et les délivrer. Mais les japonais auraient pu intervenir beaucoup plus tôt. Le gouvernement voulait donner une leçon à la secte et à ses « illuminés ». Amer et déçu par la politique, on comprend sa méfiance envers toute forme de pouvoir par la suite.

Onisaburo-Ueshiba-Mongolie

(Onisaburo Deguchi et Morihei Ueshiba en Mongolie, 2nd et 3ème à partir de la gauche)

Lors de cette aventure en Mongolie, un incident a particulièrement marqué Ueshiba. Dans ses écrits, il raconte « Alors que nous approchions Payintala, nous fûmes pris dans un défilé, sous un feu nourri. Comme par miracle, je pus pressentir la direction des projectiles – des éclairs de lumière les précédaient, révélant leur trajectoire – et je fus capable d’esquiver les balles. La faculté de pressentir une attaque était ce que les anciens maîtres appelaient l’anticipation. Si l’esprit est calme et pur, il est capable de percevoir instantanément une attaque et de riposter – là réside l’essence de l’aïki. ».

 

Le retour au Japon et les débuts de l’Aïkibudo

OSensei-shomenDe retour à Ayabe il reprend le cours de sa vie, l’enseignement à l’académie et le travail à la ferme. Il intensifie son entraînement, se réfugie souvent dans les montagnes de Kunamo pour méditer, demande à ses élèves de l’attaquer régulièrement de toutes leurs forces avec des armes blanches. Au printemps 1925, Morihei affronte un officier de la Marine qui est aussi un maître de Kendo. Il accepte le défie mais reste sans armes. Offensé par l’affront, le kendoka l’attaque de toutes ses forces. Morihei gagne sans avoir à combattre ; il visualise la trajectoire de chaque coup à l’avance, esquivant ainsi toutes les frappes. L’officier épuisé, finit par admettre sa défaite. Il n’a pas pu le toucher une seule fois.

C’est après ce duel qu’il a une « révélation ». Après le combat il décide de nettoyer sa sueur à l’eau du puits. Soudain il se met à trembler et se retrouve paralysé. Sous ses pieds la terre semble s’ouvrir et du ciel des rayons d’or tombent sur lui. Il perçoit alors l’ordonnancement du cosmos. Parlant de son expérience, il déclare « Je compris que j’étais l’univers. Je compris alors la véritable nature de la création ; la voie du guerrier n’existe que pour manifester l’amour divin, un esprit qui embrasse et nourrit tous les êtres. Je pris conscience que l’univers était ma demeure et le soleil, la lune et les étoiles, mes amis intimes. Mes joues furent baignées de larmes de joie ». Il avait 42 ans.

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(Amiral Gombei Yamamoto)

Après cette illumination, il décide de changer le nom de son art passant de Aïki-bujutsu (technique martiale de l’aiki) à Aiki-budo (voie martiale de l’aiki). Ce qui en change profondément l’esprit de l’étude. Quand l’Aïki-budo prend son essor, il commence à toucher un nouveau public et à attirer des adeptes célèbres. Il compte un certain nombre d’officiers de la Marine parmi ses élèves, le plus éminent d’entre eux étant l’amiral Seiko Asano, lui aussi adepte de la religion Ômoto-kyô.

Isamu-TakeshitaL’amiral Asano fait des éloges sur Morihei Ueshiba auprès de ses collègues de la Marine et encourage un autre amiral, Isamu Takeshita, à venir spécialement à Ayabe afin d’y découvrir l’art martial de Ueshiba Senseï. L’amiral Isamu Takeshita (image de gauche) est fortement impressionné et des dispositions sont rapidement prises pour que Morihei puisse faire des démonstrations et diriger des stages à Tokyo. Parmi les protecteurs de Morihei se trouve également Gombei Yamamoto, amiral en retraite, qui a été premier ministre du Japon à deux reprises. Ses aptitudes exceptionnelles en jujutsu et son charisme font de Morihei un instructeur très apprécié au sein de l’élite militaire et politique de Tokyo, ce qui l’amène à se rendre trois fois dans la capitale entre 1925 et 1927. Finalement, avec l’accord du révérend Deguchi, il décide de s’établir à Tokyo avec sa famille dans le but d’y enseigner à plein temps.

Lire la suite de la biographie de Ueshiba Senseï

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Merci au site Aikicam pour m’avoir permis de me servir de leur texte comme base de travail.

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A propos de l'auteur

Nouvel utilisateur 951886

Depuis 30 ans, Ivan Bel pratique les arts martiaux : Judo, Aïkido, Kenjutsu, Iaïdo, Karaté, Qwankido et Taijiquan. Il a dirigé le magazine en ligne Aïkidoka.fr, puis fonde ce site. Aujourd'hui, il enseigne le shiatsu et la méditation qu'il exerce au quotidien, tout en continuant à pratiquer et écrire sur les arts martiaux du monde entier.

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