News — 11 juin 2014

faroukFarouk Benouali est un pratiquant d’aïkido depuis 21 ans, membre de la FFAB. Il a côtoyé les meilleurs enseignants que l’on peut trouver sur le sol français. Je ne le connais pas personnellement, mais nous avons toujours eu des échanges très courtois via email. Je ne peux donc
pas parler du personnage. Mais ce qu’il relate dans l’explication de son départ de la FFAB laisse sans voix. Bien sûr ce n’est qu’une version des faits, et il le dit lui-même très honnêtement.

De la bêtise à tous les étages

Si vous avez pris le temps de lire l’article, cela ne peut que faire écho de ce que j’ai annoncé depuis longtemps, à savoir la fin de la FFAB en tant qu’organisation crédible et ouverte de l’aïkido français. Déjà enfant lorsque j’ai commencé l’aïkido, on me parlait dans les termes les plus abjects de la FFAAA et de ses sbires. Ne comprenant pas alors l’histoire, je suis parti bille en tête en me disant que ces gens devaient être foncièrement mauvais. Mais avec le temps, et pour avoir rencontré de nombreux pratiquants de cette fédération depuis l’élève de base jusqu’à Senseï Tissier lui-même et sans oublier mon ami Guillaume Erard, j’ai pu ouvrir les yeux sur le mérite, l’ouverture et la qualité technique de ces gens. Le combat des chefs (entre présidents des fédés françaises) ne concernait pas les pratiquants ni même la plupart des enseignants. Alors pourquoi leur bourrer la tête d’un message injurieux ? Cela m’a tellement agacé que j’avais en son temps, créé Aïkidoka.fr et prôné l’ouverture de coeur et le partage. Ce que j’ai mis par écrit, les rencontres de grands noms dans une même salle, m’ont confortés dans mon choix, surtout après avoir reçu des menaces de la FFAB dont j’étais alors membre. On m’a clairement fait savoir que je n’aurai pas mon 4e dan. Puis l’aventure s’est terminé pour Aïkidoka.fr. Heureusement, Léo Tamaki a mis en acte mon discours en créant l’aïki taïkaï avec le succès qu’on lui connait.

farouk benouali

Une mauvaise blague ?

Dans le compte-rendu que fait Farouk Benouali, les insultes et les menaces qu’il reçoit montrent que les plus hauts gradés de la FFAB (heureusement pas tous, mais au moins ceux qui décident des grades dan avancés) font la pluie et le beau temps, ont une mentalité limite sectaire et se permettent des comportements complètement inappropriés. Ce seul dernier point permet de les décrédibiliser quand à leur niveau réel en aïkido, la voie de la non-violence et de l’amour. S’il s’agissait de tester les réactions de Farouk Benouali, cela se fait sur le tatami et une bonne bagarre permet alors de voir la qualité de la personne « techniquement parlant ». Le reste est hors-cadre. S’il s’agissait d’un effet de fatigue combinée à de l’alcool, aucun sensei japonais, souvent imbibé d’alcool (on connait leur problème à l’alcool), n’a jamais tenu des propos de cette sorte. Enfin, reste la possibilité d’une forme de racisme qui ne dit pas son nom. Espérons qu’ils n’en soient pas là.

Une histoire triste

Yamada sensei et FaroukLa conclusion de tout cela est que c’est bien triste. La FFAB n’a jamais été un lieu très sain, politiquement parlant. J’imagine que ce n’est pas mieux ailleurs, mais le tout laisse un goût amer. De plus, les professeurs incriminés dans l’histoire (Tiki et autres), sont de loin le haut du panier en matière d’enseignants. Ce n’est pas un parti pris. Il suffit d’aller les voir une fois pour comprendre et comparer avec le reste du lot. Depuis le décès de Tamura Senseï, nombre d’esprits clairvoyants sont partis de la FFAB, prenant leur indépendance (lire les infos sur ce blog à ce sujet). Indépendance qui leur est reproché aujourd’hui, bien entendu. A tout dire, parmi les raisons qui m’ont poussé à arrêter l’aïkido après 25 ans de pratique il y a notamment l’odeur nauséabonde que dégage la direction. Le départ de Farouk Benouali ne me surprend pas hélas… je suis juste surpris qu’il n’y en ai pas plus à l’heure où j’écris.

 

Share

A propos de l'auteur

Nouvel utilisateur 951886

Depuis 30 ans, Ivan Bel pratique les arts martiaux : Judo, Aïkido, Kenjutsu, Iaïdo, Karaté, Qwankido et Taijiquan. Il a dirigé le magazine en ligne Aïkidoka.fr, puis fonde ce site. Aujourd'hui, il enseigne le shiatsu et la méditation qu'il exerce au quotidien, tout en continuant à pratiquer et écrire sur les arts martiaux du monde entier.

(2) Commentaires

  1. Bonjour Ivan!

    C’est bien vrai! « L’odeur nauséabonde » dans laquelle flotte l’aïkido français m’a fait stoppé aussi cette année ma pratique après 8 ans intensifs.

    Après 15 ans de karaté où j’avais été très déçu également de la vision très sectaire de la fédé (à l’époque; cela a-t’il peut-être changé de nos jours???), j’espérai beaucoup mieux de l’aïkido. Au final……

    Bref, longue vie à Farouk en dehors des sentiers battus mais néanmoins bourbeux de la FFAB! Et longue vie aux pratiquants qui savent se dresser contre ce genre de méthode! Le Budo c’est avant tout la liberté de penser, de faire et d’être.

    Amicalement

  2. « Le Budo c’est avant tout la liberté de penser, de faire et d’être » c’est bien dit Olivier.
    Personnellement, je pense que la décision d’arrêter une pratique ne doit pas venir d’éléments extérieurs. Une voie est avant tout une voie personnelle : tôt tout tard on fait face à ses propres projections que l’on a des autres et du monde qui nous entoure… c’est là que la déception est au rendez-vous.
    La finalité d’un Budo n’est-elle pas d’être en paix où que l’on soit ? N’est-ce pas l’obstacle qui permet de progresser ?
    Il me semble que changer de voie doit se faire lorsque l’on est plus en adéquation avec ses principes (et non ses acteurs) parce que l’on a changé intérieurement et que l’on a trouvé une autre voie qui nous convient mieux.
    Amicalement,
    Eric

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

9 × = 36