Japon Réflexions — 28 août 2013
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La plupart des dojos ne connaissent pas le principe de Misogi et ne le pratiquent pas. C’est pourtant l’un des rites Shinto les plus connus, qui se retrouvent dans un grand nombre de Budo. Il permet d’aller à la rencontre de soi-même en se purifiant le corps.

Lorsque j’étais simple deshi du dojo où j’étudiais l’Aïkido, on faisait « Misogi » une fois par an, un exercice intense qui me laissait toujours pantelant et sans force. J’admirais l’énergie de mon professeur qui en enchaînait 5 ou 6 dans la même semaine alors qu’une seule séance pour moi me demandait une bonne semaine pour m’en remettre.
Mais qu’est-ce que c’est que ce Misogi dont je vous parle ? Il s’agit d’une tradition Shinto qui consiste à se purifier le corps pour apaiser l’esprit. Cela se pratique traditionnellement au plus fort de l’été et au plus froid de l’hiver. L’été étant consacré au repos et aux vacances, les dojos ne font souvent que celui de l’hiver. Pour ma part je le propose à la rentrée de janvier, afin de commencer la nouvelle année en éliminant les toxines accumulées pendant les fêtes pour repartir en pleine forme pour la suite de l’année. Une bonne façon de souhaiter une bonne santé et tous mes voeux en quelque sorte…

La pratique de Misogi se fait, si l’on peut, sous une cascade puissante d’eau glacée. Cet exercice est extrêmement difficile pour le corps à cause du froid et du martelement de l’eau sur la peau. Rares sont ceux qui tiennent toute une minute. Surtout lorsque l’on sait que l’on est vêtu en tout et pour tout que d’un habit léger de couleur blanche, type pagne, et d’un bandeau sur la tête. Une fois ainsi « habillé », on commence par une série de mouvements avec les deux mains l’une dans l’autre, afin de secouer l’âme (Tama en japonais), exercice que l’on trouve dans l’échauffement traditionnel dit « du rameur ». Ensuite on pousse des cris (kiaï) afin de lancer son énergie vers le ciel et la terre, vers soi et les kamis, bref pour se donner du courage, puis on se baigne.

Misogi1Il est rare d’avoir une cascade à côté de son dojo, aussi le Misogi a été repris dans son esprit et modifié dans sa pratique, pour s’adapter aux budos japonais. Lors d’une séance d’entraînement au dojo, le professeur demande à ses élèves de tout donner. Il impose alors un travail et un rythme intenses basés sur la répétition des mouvements. Les pauses entre les exercices n’existent pas. Les suburi ou les chutes par centaines constituent généralement une bonne entrée en matière. S’ensuivent des techniques simples et sans risques de blessures, mais qui doivent être réalisées sans arrêt, sans discussion et avec toute l’énergie possible. Le but n’est pas de gérer son corps et son énergie. Il faut tout donner dès le début. Les pratiquants et le professeur doivent être épuisés au bout de 5 à 10 minutes. C’est alors que commence véritablement le travail, car il faut tenir jusqu’au bout du Misogi, qui dure généralement 1 heure. La question est : comment tenir ? Il n’y a pas de réponse par les mots. Il faut le vivre et expérimenter ce moment important.

Important ? Oui, parce que cet entraînement est inhabituel, épuisant au possible. Il impose donc de partir très rapidement au bout de soi-même et de découvrir nos ressources cachées, qu’elles soient physiques ou mentales. Misogi ne doit, pour cette raison, pas être imposé aux élèves, mais vivement recommandé, car c’est une expérience unique. Année arpès année, Misogi permet d’aller plus loin dans la connaissance de soi, de ses capacités, de sa résistance, de ses limites toujours repoussées. Après cela, le corps est absent, lessivé, l’esprit incapable de penser, et beaucoup font connaissance avec la notion de vide qui est une grande plénitude pour l’âme. Ainsi, on touche du doigt le début de la Voie.

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A propos de l'auteur

Nouvel utilisateur 951886

Depuis 30 ans, Ivan Bel pratique les arts martiaux : Judo, Aïkido, Kenjutsu, Iaïdo, Karaté, Qwankido et Taijiquan. Il a dirigé le magazine en ligne Aïkidoka.fr, puis fonde ce site. Aujourd'hui, il enseigne le shiatsu et la méditation qu'il exerce au quotidien, tout en continuant à pratiquer et écrire sur les arts martiaux du monde entier.

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