Réflexions Techniques — 24 décembre 2013
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meditation-zen-jardinLes arts martiaux comportent tous de véritables trésors pour le corps humain. Mais ces derniers sont généralement trop peu traités ou rapidement relégués au second plan pour ne se concentrer que sur la technique. Il est grand temps de les redécouvrir et de prendre conscience de leurs bienfaits.

La plupart du temps, l’enseignement des arts martiaux se déroule comme suit : échauffement musculaire, parfois renforcement physique, parfois étirements, puis exercices techniques. La partie technique, l’étude des mouvements, des clés et des projections, prend la plus grande partie du temps d’un cours. Cette approche est excellente pour développer des techniciens habiles, voire parfois des combattants. Mais si le but des arts martiaux est de développer l’être humain sur toutes ses facettes (lire La douleur dans les arts martiaux) et l’amener à vivre en paix avec lui-même, il faut reconsidérer de fond en comble cette vision de l’entraînement.

1- L’échauffement musculaire

C’est le premier trésor. Cette partie est généralement bien respectée dans toutes les écoles. Nul besoin d’être devin pour comprendre les bienfaits de l’activité physique sur le corps. Ici le but est de préparer le corps à l’effort. L’oublier c’est s’exposer à des blessures rapides. Il est parfois complété dans certaines disciplines par un renforcement du corps, afin de pouvoir résister aux chocs et coups reçus. Dans les deux cas le corps est préparé à la pratique martiale.

2- Les étirements

jean-marc-aikidoN’importe quel sportif le sait : avant et après l’effort, les étirements sont indispensables. On peut là aussi le rapprocher de la préparation physique, mais pas uniquement. Les étirements sont excellents pour récupérer de la fatigue musculaire et éviter les crampes par exemple. Ils font travailler les tendons et les articulations et aident à lutter contre le raccourcissement musculaire et l’arthrose des cartilages. Pour les pratiquants d’arts martiaux, les étirements sont leur second trésor, car ils représentent le début du travail énergétique. En effet, chaque étirement implique la mise sous tension d’un ou plusieurs méridiens. Les méridiens sont des canaux qui font circuler l’énergie corporelle. On les retrouve en acupuncture, en massage tuina, shiatsu, thaï (sous le nom de « sen ») et ayurvédique. Il est donc très important de faire des étirements longs et doux afin de stimuler la circulation énergétique et les organes qui sont associés à chaque méridien. Au passage, il est intéressant de noter que la plupart des techniques d’aïkido faite au ralenti proposent un étirement (photo copyright Helène Rasse. Jean-Marc Dessapt et votre serviteur).

3- La respiration

Il est impossible de pratiquer pleinement un art martial sans apprendre à respirer correctement. Bien souvent chaque discipline a son propre mode de respiration. L’important est de le connaître, mais également de découvrir et d’utiliser d’autres modes de respiration. Le yoga est pour cela une aide importante, tout comme la méditation d’ailleurs. La respiration permet d’apaiser le corps et l’esprit, tout en apportant une bonne oxygénation à l’organisme. Les poumons, qui jouent le rôle d’un soufflet, peuvent augmenter à volonté leur rythme et leur capacité (avec un peu d’entraînement) respiratoire. Au niveau énergétique, la différence est énorme. Il suffit de faire deux ou trois cours de Qigong pour le comprendre. L’air représente l’une des trois sources d’énergie, la respiration est donc le troisième trésor des pratiquants d’arts martiaux.

4- La méditation

ZazenOn parle souvent de la méditation comme étant un moyen d’atteindre l’éveil spirituel. Certes. Mais il faut des dizaines d’années pour espérer atteindre le satori par cet unique moyen. En revanche, les effets sur la santé sont rapidement visibles. Le travail de la respiration est ici très présent, mais doit être si paisible qu’on doit pouvoir l’oublier. Le travail sur l’absence de pensée, ou d’attachement aux pensées qui surgissent, permet d’apaiser l’esprit et de bloquer la création de cortisol, qui est l’hormone du stress. Enfin, la méditation reconfigure les connexions neuronales, ce qui permet le relâchement et la prise de distance nécessaire face à la vie quotidienne et son lot d’émotions. La méditation peut être silencieuse (zen), s’appuyer sur le chant (tibétain), ou sur des images mentales (tibétain avec les mandalas) ou utiliser des scénarios (indien, notamment le tantrisme). Ces techniques servent à aller plus loin, notamment à améliorer sa santé, calmer les émotions, vivre pleinement son corps et son esprit sans jugement ni contrainte sociale. Ne pas passer par une phase de méditation qui porte ses fruits (un minimum de 10 à 15 minutes), c’est se priver de ce quatrième trésor.

5- Le massage

shiatsu-ivan-kono-isseiLe cinquième trésor est lié directement à la dimension de santé que comportaient traditionnellement toutes les écoles d’arts martiaux. Ce n’est pas un hasard si les plus grands maîtres étaient aussi d’excellents médecins ou thérapeutes. Leur connaissance aigüe du corps et de ses chaînes musculaires, des trajets énergétiques, de l’esprit et des émotions humaines leur permettaient de soigner leurs élèves et la population vivant autour de leur dojo. L’aïkido utilise, souvent sans le savoir, le do-in, qui est un automassage dont le but est d’améliorer le niveau énergétique et la santé. Mais il est encore plus intéressant d’apprendre les techniques de massages corporels ou énergétiques à deux. Ainsi  dans le dojo se développe une plus grande complicité entre les pratiquants, l’absence de rejet du corps de l’autre, une plus grande compassion également. De plus, le massage ou l’automassage permet aux pratiquants d’améliorer leurs connaissances du corps humain et des sensations internes que cela procure. Enfin, le massage apaise, énergise et améliore la santé. (photo : Yoshinori Kono faisant un shiatsu sur votre serviteur)

6- La technique

Ce n’est que lorsque le corps-esprit est prêt, éveillé, énergisé et apaisé que la dimension technique devient véritablement elle aussi un trésor. Mais dans l’ordre des priorités la technique n’est que le sixième trésor. On pourrait penser que dire cela est exagéré. Et pourtant, un entraînement où les six trésors seraient mis sur un pied d’égalité et où le temps qui leur est consacré serait le même, on verrait très rapidement une différence qualitative des pratiquants. C’est la raison pour laquelle bien souvent les maîtres venus d’extrême orient disent des occidentaux que ce sont de bons techniciens, mais qu’ils n’arrivent jamais à plonger profondément dans l’esprit du budo. Voilà de quoi réfléchir et donner un peu de grain à moudre à tous les enseignants.

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A propos de l'auteur

Nouvel utilisateur 951886

Depuis 30 ans, Ivan Bel pratique les arts martiaux : Judo, Aïkido, Kenjutsu, Iaïdo, Karaté, Qwankido et Taijiquan. Il a dirigé le magazine en ligne Aïkidoka.fr, puis fonde ce site. Aujourd'hui, il enseigne le shiatsu et la méditation qu'il exerce au quotidien, tout en continuant à pratiquer et écrire sur les arts martiaux du monde entier.

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