Aikido France Kenjutsu Stages — 27 août 2013

Philippe Cocconi-Ivan BelDimanche 9 novembre, Philippe Cocconi nous a fait le plaisir de venir ouvrir la saison des stages au Fudoshinkan. C’est la première fois que Philippe vient animer un stage en Belgique et les élèves du dojo et les personnes les pratiquants bruxellois ont pu découvrir ce qui fait sa renommée : la vitesse d’exécution, la puissance et la précision technique.

Rencontrer Philippe Cocconi pour la 1ère fois est toujours un choc. Il se déplace à une vitesse impressionnante et la puissance de ses mouvements vous emporte sans que vous puissiez faire quoi que ce soit. De plus, son sens martial très poussé permet constamment de recadrer la technique et surtout de comprendre la raison d’exister de chaque placement du corps, du rythme à donner, des atémis. A ce propos, il a insisté sur le fait qu’en Aïkido les atémis ne sont pas marqués, voire bien souvent pas montrés. La raison est simple. S’il faut donner un atémi, il faut que celui-ci soit le premier et le dernier. La demi-mesure ne sert à rien sinon à acquérir de mauvais réflexes générateurs d’erreurs. C’est le cas notamment des « atémis-contrôle » surnommé « post-it » par lui. Exemple concrêt : katadori ikkyo. Si, comme on le voit souvent, on place une sorte d’atémi qu’on laisse sur le visage de uke afin de le maîtriser, un vrai problème se pose dès lors qu’on relâche ce contrôle. Uke a la capacité de revenir sur tori. Donc mieux vaut mimer l’atémi ou ne pas le montrer ou le mettre définitivement une fois pour toutes, mais ne pas rester collé au visage.
Sur la base de katadori ikkyo, nous avons travaillé  le kihon sur le placement du corps vers l’extérieur et non sur l’intérieur comme c’est souvent le cas, une position qui permet de bien se protéger. Puis nous avons fait la même technique non plus en changeant de hami sur place (ce qui se traduit par un pas irimi et un pas tenkan), mais en avançant deux fois en ligne droite (soit deux pas irimi). En résulte un retournement complet d’uke et une grande pénétration de tori. En contrepartie, cela exige un sens du ma-aï et du de-aï assez poussée, et donc la capacité à imposer un rythme technique rapide et fluide.
C’est ce qui ressort constamment lorsque l’on regarde Philippe bouger. Moi qui l’ai suivi pendant 13 années à raison de 8 à 10 heures par semaine, je reste toujours abasourdi par cette vitesse et la précision millimétrique de son travail. On est très loin des ancrages excessifs et des mouvements ronds et lourds. Ici tout n’est qu’irimi et efficacité, sans que jamais il n’y ait de brusquerie.
Nous avons appliqué les deux déplacements vu au sol (irimi-tenkan et 2 fois irimi) dans un mouvement au ken sur une attaque tsuki, suivi d’un contrôle sur la lame ou les poignets. Uke enchaîne kirikaeshi pour se retrouver coupé par kesageri. Un kesageri difficile d’ailleurs car il suit en parallèle l’attaque d’uke et les deux lames se croisent sur le même trajet oblique.
Voilà un stage de 3 heures passionnant et tonique où l’on ne s’est pas ennuyé une seconde.
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Pour ceux qui ne connaissent par Philippe Cocconi, voir son site Shinken Dojo ou le site de la ligue FFAB d’Ile de France. 5° dan d’Aikido et 4° dan de Iaï, il ne donne pas de cours mais intervient tout au long de l’année dans une multitude de stages. Il a participé cette année 2008 à la Nuit des Arts Martiaux Traditionnels de Paris.

(c) photo : Karim Alaoui-2008

 

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A propos de l'auteur

Nouvel utilisateur 951886

Depuis 30 ans, Ivan Bel pratique les arts martiaux : Judo, Aïkido, Kenjutsu, Iaïdo, Karaté, Qwankido et Taijiquan. Il a dirigé le magazine en ligne Aïkidoka.fr, puis fonde ce site. Aujourd'hui, il enseigne le shiatsu et la méditation qu'il exerce au quotidien, tout en continuant à pratiquer et écrire sur les arts martiaux du monde entier.

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