Shiatsu — 10 octobre 2015

okamoto senseiDu 14 au 17 août s’est tenu à Pont-Aven un stage animé par Masanori Okamoto, praticien de shiatsu Kuretake, invité par l’association Shiatsu Arts Culture dirigé par Vonnick Leberre. C’est ainsi que durant 4 jours sous un climat armoricain (et c’est un Breton qui vous le dit) nous avons pu aborder le style Kuretake et précisément le traitement des pathologies de type froid (principalement troubles digestifs) et les céphalées, ainsi que la moxibustion le dernier jour.

Article d’Olivier Vaillant, praticien en Shiatsu Thérapeutique.

Accompagné de son collègue et traducteur Daniel Menini (praticien de shiatsu au Japon), Okamoto sensei a mené un stage précis et technique dans lequel régnait une ambiance très studieuse et conviviale. Sensei a donné beaucoup de sa personne, prenant soin de corriger individuellement chaque pratiquant lors de chaque application.

1/ Bonjour sensei. Racontez-nous votre parcours et comment êtes-vous arrivé au Shiatsu ?

Au collège et lycée, je pratiquais le hand-ball. Cette activité m’a apporté divers troubles qui ont été traité par la judothérapie. Cette méthode m’a beaucoup plu et j’ai voulu apprendre différents pratique de thérapie. C’est ainsi que je me suis formé à l’acupuncture et au shiatsu entre autres.

2/ Que représente le Shiatsu pour vous et comment le définiriez-vous ?

L’essentiel, est de pouvoir éliminer des symptômes gênants sans utiliser de médicaments. Par exemple, pour les céphalées à l’arrière du crâne, le shiatsu est d’avantage efficace que la prise de comprimé. Dans le cas d’une femme enceinte, dont la médicamentation lui est proscrite, le shiatsu est précieux pour soulager et corriger des symptômes liés à la grossesse ou à la vie de tous les jours. Nombre de personnes viennent au shiatsu pour traiter certains problèmes et s’aperçoivent que grâce à lui, d’autres troubles ont été résolus et auxquels ils ne s’attendaient pas.

traitement kuretake shiatsu

3/ Sensei, parlez-nous du Shiatsu Kuretake.

Le Shiatsu Kuretake est un shiatsu qui met l’accent sur la bonne posture du praticien afin de lui éviter toutes lésions et de lui permettre de pratiquer longtemps sans s’abîmer le corps. Il y a beaucoup de technique qui utilise le principe du levier qui permet une moindre fatigue. La posture correcte permet d’éviter tout stress sur le bas du dos du praticien. On peut ainsi espérer traiter de nombreuses personnes par jour sans fatigue excessive.

4/ Quels sont pour vous les principes et fondamentaux d’une bonne pratique ? Et que doit acquérir un praticien ?

Le point primordial est la bonne conformation des doigts de la main et du pouce. Les pressions perpendiculaires seront efficaces par des bonnes postures et l’utilisation du poids du corps. Il s’agit d’un aspect essentiel pour obtenir de bons résultats et être un bon praticien.

A cela, il faut également savoir moduler son traitement par rapport au type de patient et ne pas faire du systématique. Dans le cas de la lombalgie, il est important de connaître l’origine pour mieux la traiter ; est-elle articulaire ? Ou due à la fatigue ? La stratégie de traitement ne sera donc pas la même. Enfin, il est nécessaire d’améliorer sans cesse ses connaissances par l’étude de l’anatomie et physiologie, de se former perpétuellement et de s’informer des évolutions de la médecine.

5/ En France, il y a les partisans du shiatsu thérapeutique et ceux du shiatsu de confort ? Et pour vous ?

Le but du shiatsu, tout en apportant de la relaxation est de corriger les problèmes. C’est un non-sens de vouloir séparer le shiatsu dont sa caractéristique est de soigner tout en donnant de l’agrément. Donner uniquement du bien-être sans traiter les gens est une mauvaise perception du shiatsu ; et inversement, prétendre guérir, sans apporter du confort, ce n’est pas envisageable. Énormément de problème sont d’origine nerveuse. Le domaine psycho-somatique est important en shiatsu d’où l’intérêt de cette partie relaxation durant le traitement.

Un vrai pro saura donner les pressions adéquates aux besoins de la personne. Il sera capable d’offrir de la relaxation tout en traitant de vrais problèmes. Il développera alors un registre important.

6/ Pratiquez-vous une activité annexe au shiatsu (Qi Gong, Yoga, Do-In, Budo etc.) ? Si oui, que vous apportent ces pratiques à votre shiatsu ?

J’ai pratiqué longtemps le Judo, mais étant fan de Hand-Ball, durant ma scolarité et mes études universitaires je me suis tourné vers ce sport, mais depuis je ne pratique plus rien.

7/ Quelle place occupe le shiatsu dans la société japonaise ?

Jusqu’au début du 20ème siècle, les méthodes Anma-Shiatsu était importante car il y avait très peu de médecine conventionnelle. Ensuite le gouvernement a adopté la médecine occidentale comme médecine officielle et la médecine traditionnelle est passée au second plan. Cependant la population considérait ces pratiques comme importantes afin d’éviter les traitements lourds et allopathiques.

traitement kuretake shiatsu 2

Lorsque les américains ont gagné la guerre, ils ont voulu interdire ces méthodes, mais il y a eu une réaction du peuple ce qui a permis de faire reconnaître officiellement cette médecine. Elle est vue comme un complément aux manques de la médecine moderne. Cependant le shiatsu continue à se développer davantage en Europe et en France car au Japon, il souffre d’une image un peu désuète. C’est une grande satisfaction de transmettre mon enseignement en France où il y a un répondant et une demande d’apprentissage.

8/ Sensei, quelle est votre vision de japonais sur la pratique du shiatsu en France et en occident ? Notez-vous une différence avec l’approche japonaise ?

L’investissement est sérieux et le niveau technique plutôt bon mais j’ai pu visionner sur Youtube des vidéos intitulées « shiatsu » qui sont en fait des massages aux huiles. évidemment le Shiatsu peut avoir une forme et une adaptation différente selon les pays, mais il faut garder les principes et ne pas intituler « Shiatsu » quelque chose qui n’en est pas. En prodiguant des stages hors du Japon, la volonté est d’apporter des bases et une structure afin de développer un shiatsu épanoui.

9/ Que conseillerez-vous aux Français qui veulent venir se former au Japon ?

Le souci est de savoir où étudier. Il existe bien des écoles officielles d’un cursus de 3 ans, mais en dehors il n’y a rien à ma connaissance. De plus, il y a la barrière de la langue.

Ensuite le choix de l’école devrait se faire sur la posture de l’enseignant et son enseignement de la préservation du corps. Il existe des professeurs d’avantage connus par leur enseignement dans les écoles mais moins pour leur qualité de praticien. Un bon prof est capable de corriger la forme des pouces qui est l’outil de travail

10/ Le mot de la fin ?

Le plus important est de satisfaire le patient et pour que celui-ci revienne pour une thérapie, il faut avoir un shiatsu peu sectaire ou particulier. Gardons un shiatsu sincère.

Domo arigato sensei. Et merci à Daniel Menini pour sa traduction

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Pour aller plus loin : « Précis de Shiatsu Kuretake, techniques fondamentales et supérieures » (Dangles, avril 2012)

 

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A propos de l'auteur

Nouvel utilisateur 951886

Depuis 30 ans, Ivan Bel pratique les arts martiaux : Judo, Aïkido, Kenjutsu, Iaïdo, Karaté, Qwankido et Taijiquan. Il a dirigé le magazine en ligne Aïkidoka.fr, puis fonde ce site. Aujourd'hui, il enseigne le shiatsu et la méditation qu'il exerce au quotidien, tout en continuant à pratiquer et écrire sur les arts martiaux du monde entier.

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